Un logement mis en location sans DPE en 2025 s’expose à des sanctions, sauf dans certains cas dérogatoires rarement évoqués. Le calendrier législatif impose de nouvelles obligations, mais des exceptions subsistent pour des biens spécifiques, échappant encore à la règle générale.La classification énergétique des logements prend une place centrale dans les transactions et la rénovation. Les dispositifs d’aide, tels que MaPrimeRénov’, s’ajustent à ces évolutions, modifiant les stratégies des propriétaires et des bailleurs.
Le DPE en 2025 : ce qui change pour les propriétaires et locataires
Le calendrier s’accélère : à partir de 2025, impossible de vendre ou de louer un bien sans afficher sa performance énergétique. Le DPE devient une étape incontournable. La loi climat résilience bouscule les habitudes, remettant l’étiquette énergie-climat au centre des préoccupations : chaque annonce immobilière doit afficher sa classe énergétique, point final.
Désormais, la classe énergétique n’est plus un simple chiffre : elle influe directement sur la valeur d’un bien, sur la capacité à séduire un acquéreur ou un locataire. Les propriétaires se voient contraints de réévaluer leurs projets. Les locataires, de leur côté, disposent d’un levier inédit pour contester un logement trop énergivore, demander mieux, ou refuser ce qui ne répond plus aux standards.
Trois changements majeurs structurent ce nouveau paysage :
- Le DPE devient quasi systématique : les logements, qu’ils soient anciens ou récents, ne peuvent plus s’en passer lors d’une vente ou d’une mise en location.
- Un coup d’arrêt progressif frappe les biens classés F ou G : mise en location de plus en plus restreinte, audit énergétique imposé, possibilité de devoir réaliser des travaux sous peine de sanction.
- Désormais, toute annonce doit indiquer noir sur blanc la consommation énergétique et les émissions de gaz à effet de serre, de manière transparente et comparable.
Pour vendre ou louer en 2025, impossible d’échapper au paquet de diagnostics, le DPE en tête, lors de toute transaction. L’affichage systématique sur les annonces fait apparaître d’emblée la note énergétique ; la dynamique de marché s’en trouve bouleversée : valorisation des logements performants, pression sur les biens à rénover, contrôle administratif resserré. Le DPE n’est plus une simple formalité administrative : il conditionne l’accès au marché, oriente la négociation et définit les plans de rénovation. Impossible de faire sans.
Faut-il toujours réaliser un DPE ? Les cas où il n’est pas obligatoire
L’opinion générale est claire : impossible d’échapper au DPE à l’horizon 2025. Pourtant, quelques exceptions subsistent. Certains bâtiments, en raison de leur usage ou de leur conception, restent en dehors du périmètre obligatoire fixé par la réglementation. Cela concerne d’abord les logements proposés à la vente ou à la location longue durée, mais plusieurs situations spécifiques sont explicitement exclues.
Voici les principaux cas pour lesquels le DPE n’est pas demandé :
- Les constructions temporaires, dont la durée d’utilisation n’excède pas deux ans, ne sont pas soumises à l’obligation.
- Les bâtiments autonomes déployant moins de 50 m² de surface, comme une dépendance, une petite cabane ou un atelier, en sont également exemptés.
- Certains lieux échappent à la règle : édifices cultuels, monuments historiques inscrits ou classés, locaux agricoles, artisanaux ou industriels n’employant aucune énergie pour le chauffage ou la climatisation.
- Les meublés loués moins de quatre mois par an à titre saisonnier ne sont pas concernés, sous réserve que la période de location n’excède pas le seuil.
On retrouve aussi, à la marge, les cas du DPE vierge : lorsqu’il est tout simplement impossible d’évaluer la performance énergétique d’un bien, absence de chauffage fixe, données manquantes, logement atypique, le diagnostiqueur le mentionne explicitement. Ces cas sont rares, mais ils subsistent pour les bâtiments anciens ou hors-norme.
Avant d’engager la moindre démarche, il reste conseillé de s’assurer de la situation du bien. Faire réaliser un DPE même lorsque ce n’est pas obligatoire ne crée aucune exigence supplémentaire, mais sert souvent d’argument rassurant pour une vente ou une location sans mauvaise surprise.
Logements classés E, F, G : quelles conséquences et obligations à venir ?
Pour tous les propriétaires de biens classés E, F ou G, c’est l’étau qui se resserre un peu plus chaque année. Ces logements, souvent qualifiés de trop énergivores, sont dans la ligne de mire du législateur. Depuis 2023, la location d’un logement dont la consommation d’énergie dépasse les 450 kWh/m²/an (classe « G+ ») n’est plus autorisée. Et la liste des interdictions ne va faire que s’allonger :
- Dès 2025, tous les logements classés G seront exclus du marché locatif.
- En 2028, la même sanction touchera les logements classés F.
- Puis, en 2034, la restriction s’étendra à la classe E. Plus aucune alternative : impossible de louer sans améliorer la note.
En parallèle, tout projet de vente d’un bien classé F ou G s’accompagne d’un audit énergétique, distinct du simple DPE. Cet audit détaille les scénarios d’amélioration potentiels, leurs coûts, et le chemin pour remonter en classe énergétique. Ignorer cette exigence revient à s’exposer : mise en location impossible, amendes, blocage de la transaction.
La répercussion est immédiate : une mauvaise note énergétique tire la valeur du logement vers le bas ; la négociation s’ancre sur ces critères, la décote s’installe. Les charges explosent aussi pour l’occupant. Progressivement, la question énergétique s’impose dans l’arbitrage entre projets et impacts climatiques : impossible de passer à côté du sujet. Anticiper, planifier des travaux, programmer un audit : ces nouvelles routines deviennent indispensables pour ne pas voir son patrimoine dévalorisé ou immobilisé.
MaPrimeRénov’ et aides à la rénovation : comment anticiper les évolutions du DPE
Face à ce nouveau cadre, l’accès aux aides à la rénovation prend tout son sens. Les propriétaires cherchent à alléger la note et à optimiser leurs travaux. MaPrimeRénov’ s’affirme comme la principale solution mise à leur disposition pour financer l’amélioration de l’habitat, que ce soit pour isoler, changer le système de chauffage, rénover le système de ventilation ou remplacer la production d’eau chaude.
Janvier 2024 marque un tournant : le dispositif s’est élargi, les plafonds tiennent davantage compte des situations particulières et les démarches bénéficient d’un accompagnement renforcé pour les cas complexes. L’objectif ? Inciter à réaliser plusieurs travaux en même temps, avec à la clé une montée en gamme énergétique du logement.
D’autres leviers peuvent être actionnés en complément : primes énergie, prêts sans intérêts pour la rénovation, aides régionales ou locales. Le cumul de ces dispositifs permet de limiter le reste à charge, à condition d’organiser ses démarches en amont et de bien articuler l’ensemble des aides disponibles.
Le contexte réglementaire progresse vite : il engage tous les acteurs, du propriétaire particulier au bailleur institutionnel. Se tenir informé, assembler les bons outils financiers, enclencher les travaux dès que possible : voilà les clés pour valoriser son logement et faire face à la montée en puissance du DPE. L’immobilier bas-carbone n’est plus une tendance, c’est déjà le terrain de jeu de demain.


