Quand une plante semble flotter à hauteur d’yeux, elle ne se contente pas d’occuper l’espace : elle réécrit l’ambiance de la pièce. Certains y voient une signature déco, d’autres un prétexte pour faire entrer la nature là où elle semblait absente. Mais tous s’accordent sur un point : choisir la bonne plante suspendue ne relève pas du hasard. Il faut scruter la lumière, guetter l’humidité, estimer le temps que l’on pourra consacrer à l’entretien. Et observer, vraiment observer, la façon dont chaque espèce évolue. Un pothos ou un philodendron, par exemple, traversent les années sans broncher, même si on les oublie un peu. Avec quelques conseils avisés, il devient possible de transformer une pièce banale en véritable refuge végétal, où chaque feuille trouve sa place.
Les critères à regarder pour choisir une plante suspendue
Avant de suspendre la première plante venue, mieux vaut passer en revue plusieurs aspects qui feront toute la différence, autant pour la beauté du résultat que pour la simplicité du quotidien.
Lumière et exposition
La quantité et la qualité de lumière disponible chez soi changent la donne. Prenez la Tradescantia ou le Pothos : elles raffolent de lumière sans jamais supporter le plein soleil sur leurs feuilles. À l’opposé, le Senecio rowleyanus se régale d’une lumière intense, même directe, ce qui élargit le champ des possibles pour choisir où l’installer.
Humidité et arrosage
L’humidité ambiante façonne la santé de vos plantes. La Fougère épée adore les atmosphères moites, elle prospère dans une salle de bains. La Ceropegia woodi, elle, préfère la sécheresse et s’accommode de rares arrosages. Les besoins varient aussi : la Plante collier de perles réclame peu d’eau, tandis que l’Hoya et le Philodendron hederaceum se contentent d’un terreau simplement frais.
Entretien et esthétique
Le temps que vous accorderez à vos plantes compte autant que leur aspect. Le Chlorophytum se montre inflexible : il résiste à tout ou presque et ne demande qu’un minimum d’attention. À l’inverse, le Philodendron scandens exige plus de suivi, mais sa silhouette en fait une pièce maîtresse du décor.
Pour guider votre choix, voici un aperçu de quelques variétés et de leurs besoins respectifs :
- Tradescantia : lumière vive, mais pas de soleil direct
- Hoya : préfère un endroit lumineux, sans exposition directe au soleil
- Ceropegia woodi : peu d’arrosages et aime la clarté
- Lierre : arrosage modéré, cherche la lumière
- Pothos : s’adapte à la lumière vive comme à la mi-ombre
Cette diversité permet d’adapter votre sélection : robustesse, feuillage atypique, ou capacité à supporter des conditions parfois imparfaites, il y a toujours une plante qui colle à vos envies et à votre rythme.
Les plantes suspendues qui s’adaptent à chaque intérieur
Pour les pièces baignées de lumière
Une pièce claire ouvre le champ à des plantes spectaculaires. La Tradescantia, souvent appelée misère, se plaît avec beaucoup de lumière, mais redoute le soleil direct. Le Pothos (Epipremnum aureum) grimpe, cascade, s’adapte à la mi-ombre mais explose vraiment en lumière vive, à condition que ses feuilles ne grillent pas. Quant à la Hoya, cette tropicale semi-succulente, elle préfère une place lumineuse mais sans les rayons du soleil en pleine face.
- Tradescantia : lumière vive, sans exposition directe
- Pothos : apprécie la lumière, tolère la mi-ombre
- Hoya : coin lumineux, sans soleil direct
Pour les coins plus sombres
Les endroits faiblement éclairés ne sont pas à bannir. Le Philodendron hederaceum, reconnaissable à ses feuilles en forme de cœur, retombe avec élégance depuis une étagère ou une bibliothèque. La Fougère épée, avec ses frondes souples, camoufle les recoins tout en profitant de l’humidité ambiante, sans réclamer la lumière du midi.
- Philodendron hederaceum : préfère la lumière indirecte
- Fougère épée : aime l’humidité et tolère la faible lumière
Pour les intérieurs secs
Quand l’air est plus sec, il existe aussi des candidates parfaites. La Ceropegia woodi, surnommée chaîne des cœurs, se satisfait de peu d’eau et préfère la lumière. Le Senecio rowleyanus, ou collier de perles, se distingue par sa robustesse et supporte la lumière directe sans broncher.
- Ceropegia woodi : peu d’arrosage, apprécie la clarté
- Senecio rowleyanus : entretien réduit, lumière directe acceptée
Entretenir et arroser vos plantes suspendues : mode d’emploi
Adapter l’arrosage à chaque plante
Chaque espèce a ses exigences. Le Pothos vit bien avec un arrosage modéré : il suffit de laisser sécher la terre entre deux apports. La Hoya, avec son caractère semi-succulent, préfère un sol qui sèche un peu, pour éviter tout risque de racines pourries. La Fougère épée, elle, a soif et aime les arrosages réguliers.
- Pothos : arroser modérément, attendre que le substrat sèche
- Hoya : arrosage espacé, milieu bien drainé
- Fougère épée : arrosage fréquent, atmosphère humide
Garder ses plantes en forme : entretien courant
Un peu de soin suffit à garder vos plantes éclatantes. Le Lierre gagne à être taillé régulièrement pour éviter qu’il ne prenne le dessus. Le Senecio rowleyanus se porte bien dans un endroit lumineux, à condition que le pot ne retienne pas l’eau. Pour le Philodendron hederaceum, passer un chiffon humide sur les feuilles optimise la photosynthèse.
- Lierre : taille fréquente pour maîtriser la croissance
- Senecio rowleyanus : lumière et bon drainage
- Philodendron hederaceum : nettoyer les feuilles pour capter la lumière
Éviter les parasites
La vigilance paie face aux parasites. Le Chlorophytum peut subir les assauts de cochenilles ou de pucerons. Inspectez souvent les feuilles et, en cas de problème, optez pour des méthodes naturelles. Le Monstera adansonii, quant à lui, redoute l’air trop sec propice à l’apparition d’araignées rouges.
- Chlorophytum : surveiller l’arrivée de cochenilles et pucerons
- Monstera adansonii : attention aux araignées rouges si l’air manque d’humidité
En adoptant quelques gestes réguliers, vos plantes suspendues conservent leur éclat et leur vitalité, pour un intérieur où la vie végétale s’exprime pleinement.
Des idées créatives pour suspendre vos plantes sans percer
Se servir des tringles à rideaux
Les tringles existantes offrent une solution simple pour installer des plantes légères. En ajoutant des crochets en S, on peut suspendre facilement une Tradescantia ou un Senecio rowleyanus, tout en modulant la hauteur selon ses envies, sans toucher aux murs.
Installer des étagères suspendues
Les étagères suspendues allient praticité et élégance pour mettre en scène vos plantes. Imaginez un Philodendron scandens qui cascade le long d’une planche maintenue par des câbles au plafond : le regard est immédiatement attiré vers ce rideau végétal inattendu.
Les suspensions en macramé
Le macramé, avec sa touche artisanale, s’adapte parfaitement aux plantes comme le Pothos ou la Hoya Linearis. Des crochets adhésifs robustes permettent d’éviter la perceuse, tout en composant un espace vert tout en légèreté.
Barres de tension
Une barre de tension, souvent détournée de sa fonction première, s’installe entre deux murs ou dans un renfoncement. Le Chlorophytum ou la Plante collier de perles s’y suspendent sans risque, pour un coin de verdure parfaitement modulable.
Accroches magnétiques
Dans une cuisine ou un espace de travail, les accroches magnétiques font office de support discret et efficace. Elles accueillent un Pilea ou un Asparagus sur un réfrigérateur ou une étagère métallique, instaurant une note végétale là où on ne l’attendait pas.
Grâce à ces astuces, chaque plante suspendue trouve sa place sans laisser de trace, et la pièce respire la créativité. Une fois en place, difficile de résister au plaisir de lever les yeux et de contempler ce spectacle végétal qui semble défier la gravité.


