Plus de 3 millions de trottinettes électriques circulent aujourd’hui en France, et le marché continue de se stabiliser à un niveau élevé : 609 000 engins vendus en 2025, selon le baromètre de Mobilians et Smart Mobility Lab. Pourtant, une obligation légale reste largement ignorée par une partie des utilisateurs : souscrire une assurance responsabilité civile. Une méconnaissance qui peut coûter très cher.
Une obligation légale, pas une option
Aux yeux du Code des assurances (article L211-1), une trottinette électrique est un véhicule terrestre à moteur. Elle doit donc être couverte par une assurance RC, au même titre qu’une voiture ou un scooter. En cas de contrôle ou d’accident sans couverture, l’amende forfaitaire commence à 500 euros et peut grimper jusqu’à 3 750 euros sur décision judiciaire, avec confiscation possible de l’engin. Si un tiers est blessé, le Fonds de garantie des assurances obligatoires (FGAO) indemnise la victime, puis se retourne contre le conducteur non assuré.
Un autre piège fréquent : croire que la multirisque habitation suffit. Elle ne couvre pas les dommages causés par une trottinette sur la voie publique. Un contrat dédié est indispensable. Cette page propose par exemple une formule à partir de 5,90 € TTC par mois, incluant la RC obligatoire, une garantie défense-recours et une prise en charge des frais de transport en cas de panne.
Pour les utilisateurs de trottinettes en libre-service, la situation est différente mais pas sans risque : l’opérateur couvre bien la responsabilité civile via sa police flotte, mais la garantie corporelle du conducteur n’est jamais incluse. Une assurance personnelle reste donc utile, même sans engin en propre. Pour aller plus loin sur les enjeux de mobilité urbaine, la rubrique Auto de Scoopium traite régulièrement de ces sujets.
Des accidents en forte hausse, un risque financier réel
Les chiffres publiés dans un rapport parlementaire de juin 2026 sont sans ambiguïté : 45 personnes ont perdu la vie sur une trottinette électrique en 2024, un chiffre multiplié par quatre depuis 2019. Plus de 900 blessés graves ont été recensés sur la même période, en hausse de 28 %. Entre avril et juin 2025, la mortalité des usagers d’engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) a bondi de 57 % par rapport à l’année précédente. Sans carrosserie, sans ceinture, sans airbag, le conducteur est directement exposé à l’impact, et la grande majorité des collisions impliquent un véhicule bien plus lourd.
Ces données rendent d’autant plus concrète la question des garanties complémentaires. Au-delà de la RC de base, une garantie corporelle conducteur (jusqu’à 100 000 € dans certaines formules) ou une protection vol et dommages peut changer radicalement la situation après un accident. Pour un engin acheté moins de 400 euros, la formule au tiers reste cohérente ; au-delà de 600 euros, les options tous risques méritent d’être comparées sérieusement.
Avec un prix moyen de 402 euros en 2025 et des modèles de plus en plus équipés (suspensions, connectivité, batteries longue durée), la trottinette électrique s’est imposée comme un vrai outil du quotidien. La traiter comme tel, y compris sur le plan assurantiel, n’est plus une précaution supplémentaire : c’est une exigence légale.

